L’amour jusqu’au dernier souffle



Le texte qui suit, est transmis à la demande de ma sœur Valérie. Elle a souhaité que je vous partage cette expérience que nous avons vécue toutes les deux, en communiquant par sms et photos lors du départ de son chien.

 

Le 24/08/18, Valérie me prévient à 6.43, que son chien, Ben Hur, un Shih Tzu de 12 ans (le 26/08…), a probablement fait un AVC, car plus aucun membre ne répond et il s’est uriné dessus. Elle va le conduire en urgence chez son vétérinaire. (cf photo).


A 8.30, elle me confirme le diagnostic. Ils le gardent en observation à la Clinique 24h, voire 48h, et si aucune amélioration n’est constatée, il sera nécessaire d’abréger son existence.

Ma sœur qui, comme tout le monde a des intuitions et qui, comme tout le monde, n’en fait pas cas, avait tout de même dit la veille à son compagnon que le petit Ben Hur, ne viendrait pas avec eux en Corse en Octobre. Elle ressentait au fond d’elle, ce qui allait advenir…

A 14.30, elle me prévient que le chien a refait un nouvel AVC dans la matinée et que par conséquent l’inéluctable est prévu pour la fin de journée, vers 18.00.

Spontanément, je lui propose de l’accompagner à distance dans ce dernier voyage. Ma sœur se trouve sur Gap, dans les Hautes Alpes, je suis sur Nice, dans les Alpes Maritimes.

Elle me dit alors, qu’à son arrivée à la Clinique ce matin, la chatte de la Clinique est venue vers eux. Elle l’avait fait un an avant, pour Salomé, chatte atteinte d’une tumeur, qui partait elle aussi, vers un autre plan. Ma sœur, a compris… les animaux sont bien plus conscients que nous de ce qui se trame dans l’invisible.

A 16.30, elle m’informe être près du chien, dans le box avec lui.

J’allume alors une bougie, faiblarde, elle s’éteint. Puis une seconde, qui fait exactement la même chose, et enfin une troisième qui peine à prendre vie.

Je me connecte à Ben Hur, et je ressens une oppression thoracique en moi, cela envahit ma gorge et ma poitrine et je le dis à ma sœur. Elle m’informe que le chien est mal, totalement paralysé, il respire difficilement. Il est apaisé lorsqu’elle lui parle.

Je lui demande donc, de continuer à lui parler, pendant que, de mon côté je vais également lui expliquer la situation (bien qu’il en soit conscient).

Je ressens à ce moment, la présence de Salomé, partie un an auparavant. Je l’écris à Valérie.

Valérie : J’étais en train de lui dire, qu’ils pourraient à nouveau jouer ensemble !

Je fais remarquer à ma sœur, un fait curieux, hier j’ai changé mon fond d’écran et je suis face à mon ordi, avec l’image des cieux devant moi, par-delà les nuages avec des faisceaux de lumière qui irradient.


Le chien est calme. De mon côté je sens sa grande faiblesse, mais il me parle en télépathie, pour Valérie.

La bougie est chancelante !

Ben Hur : Merci d’être là. Je n’en attendais pas moins. Tu as toujours été présente pour moi. Tu m’as toujours reconnu pour ce que je suis et non pour mon image.

Valérie : Il est beau pour moi… (Il faut dire que le chien a une beauté particulière si l’on s’en tient au physique !)


Moi : Ca le fait sourire. Il est triste de te laisser, mais il a passé le relais … Néphy ! (il s’agit d’une petite chatte noire qui a rejoint le foyer il y a 1 an). Goliath est là également, il l’épaule comme un grand frère (c’était le chien précédent de Valérie, un bichon, décédé le 21/08/06, que Ben Hur n’a pas connu).

Valérie me dit que la vétérinaire la laisse encore un peu avec son chien. Il a eu un gros AVC et souffre d’une hernie discale sévère. Elle va rester avec lui jusqu’au bout. Elle me demande de dire à ses animaux défunts, présents, qu’elle les embrasse. Je m’exécute.

Moi : Ils sont là et t’envoient tout leur amour. Ils seront toujours là pour toi.

Valérie : Dis à Ben de ne pas être triste, il le don de me faire rire, même quand il fait des bêtises.

Moi : Il a du mal à sourire. Il fait des allers et retours entre ici et là-bas. Comme si les deux autres lui faisaient visiter cet ailleurs.

Valérie : Cool, il est content de voir Sali ? (Salomé)

Ben Hur : Triste de partir, heureux de la retrouver ! Je vais quitter ce plan pour l’autre. Heureux de ma vie, les souffrances n’étaient rien, j’étais choyé. (Ben Hur a eu une année difficile, énucléation suite à problème sur greffe de cornée, entre autres).

Valérie : Dis leur que je les aime, c’est drôle le correcteur a écrit « aile » !!

Ben Hur : je t’aime comme un fils aime sa mère. Tu es courageuse d’affronter mes derniers instants.

Valérie : Non, pas courageuse, je voulais et je tenais à être là.

Ben Hur : Pour les humains, la mort c’est dur. Pas pour nous, car nous savons que la vraie vie est ailleurs. J’espère que tu comprends cela. C’est un passage vers autre chose, comme une autre pièce derrière une porte.

Moi : Il a un jouet vert et rouge ?? Un truc long. (Je perçois alors une sorte de poireau coloré avec des franges).

 

Pour information, je ne vais jamais chez ma sœur, c’est elle qui me rejoint chez mes parents, elle n’habite pas en ville, mais en extérieur dans un village, donc je ne sais pas comment vivent ses animaux et quels sont leurs jouets.

 

Valérie : Il a du mal à respirer, il peut se laisser aller, s’il sent que c’est le moment. Qu’il ne résiste pas en me voyant pleurer, je suis heureuse de savoir qu’il rejoint Sali et Gogo. Oui, c’est un crocodile je crois… (le truc long vert et rouge).

Moi : Il est pour Nephy.

Valérie : Il donne ses jouets ?

Moi : Oui, un truc vert et rouge. Il a un lutin, un bonhomme ?

Valérie : Ouiiii un jouet de Noël ! Je t’enverrai la photo

Moi : Il est pour Enzo (autre chat de la maison). Et une grenouille ? Un truc qui ressemble à ça ? (le chien me fait dessiner la grenouille.


Valérie : Je crois qu’il a une grenouille.

Moi : il me fait des infinis


Valérie : Ça va commencer…

Moi : la bougie s’éteint ! Il ne tient que par un fil.

Valérie : Dis-lui de m’attendre là-haut.

Moi : il est faible, il ne me transmet plus que des traits… et un cœur… Mais il répond …


Ben Hur : C’est une évidence !!

Moi : il me dessine plein de cœurs attachés. Je pense qu’il voit le tunnel, il me fait des cercles concentriques