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Pourquoi continuons-nous à répéter ce qui ne nous convient plus ?

il y a 3 minutes
4 min de lecture

Vagues sur une plage de sable blond, illustration des schémas répétitifs et de ce qui revient inlassablement.

Il y a des moments dans la vie où nous ressentons, au fond de nous, un mal-être, comme s’il était temps de se secouer et surtout de nous écouter.


Cela veut bien souvent dire que notre vie ne nous convient plus. Non pas dans sa totalité, mais simplement que certains de ses éléments ne nous vont plus.


On pourrait comparer cela à un vêtement devenu trop petit ou totalement élimé parce qu’il a été trop porté.


Nous savons, parfois sans nous l’avouer pleinement, qu’une situation ne nous convient plus.

Qu’une relation nous épuise.

Qu’une habitude nous dessert.

Qu’une façon de fonctionner nous ramène encore et encore au même endroit.

Nous sommes au fait de ce qui cloche depuis fort longtemps. Et pouvons ainsi rester pris dans des schémas répétitifs pendant des mois, parfois des années.


Et pourtant, nous pouvons continuer à répéter ce qui ne nous convient plus pendant des mois, parfois des années.


Nous continuons sans cesse, comme les vagues qui refont les mêmes mouvements inlassablement.


Ce n’est pas le manque de lucidité qui justifie notre immobilisme. Au contraire. Nous pouvons avoir parfaitement compris ce qui se joue, avoir analysé la situation sous tous les angles, en avoir parlé, avoir même décidé plusieurs fois que « cette fois, ça suffit ».


Et quelques jours ou quelques semaines plus tard, nous voilà revenus au même point.

Je suis gentille car parfois nous pouvons ainsi répéter les mêmes schémas pendant des mois, voire des années.


Comprendre n’est pas encore changer


C’est probablement l’une des choses les plus déroutantes : voir clairement un fonctionnement ne suffit pas toujours à s’en libérer.


On peut savoir que l’on devrait poser une limite et continuer à dire oui.

Savoir qu’une relation ne nous apporte plus ce dont nous avons besoin et continuer à nourrir l’espoir qu’elle change.

Savoir que certaines habitudes nous maintiennent dans l’immobilité et continuer à les reproduire presque automatiquement, comme par réflexe.

Parce qu’entre savoir et faire autrement, il y a parfois tout un monde.


Le connu a quelque chose de rassurant


Même lorsqu’il ne nous convient plus, ce que nous connaissons possède un avantage notable :


Nous savons comment nous y adapter.

Nous connaissons notre rôle, nous l’avons maintes et maintes fois joué.

Nous connaissons les réactions des autres, les situations conflictuelles, les phrases à ne pas dire, les attitudes à éviter.

Changer oblige à entrer dans quelque chose de moins prévisible. Cela nous met en insécurité.


  • Que se passera-t-il si je dis non ? Est-ce que ma collègue m’en voudra ?

  • Que restera-t-il de cette relation si j’arrête de faire tous les efforts ?

  • Qui serai-je si je ne suis plus celle qui arrange, qui attend, qui supporte, qui rassure ou qui prend tout en charge ?


Parfois, ce n’est donc pas seulement une situation qu’il faudrait quitter ou transformer. C’est aussi une manière d’être dans ce schéma. Et cela peut demander davantage qu’une simple décision.


Nous attendons parfois que quelque chose change à notre place


Il est tentant de penser :


  • Quand l’autre comprendra…

  • Quand les circonstances seront meilleures…

  • Quand j’aurai davantage confiance…

  • Quand j’aurai moins peur…

  • Quand ce sera le bon moment… Viendra-t-il, ce moment ?


Mais pendant ce temps, les jours, les mois, les années passent, et nous continuons parfois d’utiliser exactement les mêmes stratégies que celles qui nous ont déjà conduits là où nous sommes. Et une question finit par devenir incontournable :


Si je continue de faire la même chose, qu’est-ce qui pourrait réellement produire un résultat différent ?


Ce n’est pas une question destinée à culpabiliser. Loin de moi cette idée.

Je suis comme tout le monde et j’ai souvent attendu le point de rupture, dans différentes situations, avant d’agir.

C’est tellement plus confortable de se dire que l’on est zen, que l’on n’aime pas les conflits, que l’on préfère la bonne entente à l’affirmation de soi.

Et puis se positionner ? Demander sa place ? Quelle horreur ! … On risquerait presque de passer pour quelqu’un d'égocentrique.

Non. Je voudrais juste vous inviter à regarder avec lucidité ce qui dépend réellement de nous.


Changer commence parfois très petit


Faire autrement ne signifie pas nécessairement bouleverser toute sa vie du jour au lendemain.

Cela peut commencer par quelque chose de presque invisible :


  • Dire une fois ce que l’on aurait habituellement gardé pour soi

  • Ne pas répondre immédiatement, se laisser le temps de la réflexion

  • Cesser de justifier une décision

  • Demander quelque chose que l’on n’osait pas demander

  • Observer ce que l’on ressent avant de dire oui

  • Renoncer, une fois, au rôle que l’on prend systématiquement


Un petit déplacement peut parfois révéler énormément. Parce qu’en faisant différemment, nous découvrons aussi ce qui nous retenait jusque-là.


Peut-être que la vraie question n’est pas « Pourquoi je fais encore ça ? »


Cette question peut vite tourner en boucle et devenir une nouvelle manière de s’en vouloir, de générer de la colère envers soi ou de se déprécier.

Une autre pourrait être plus utile :

Qu’est-ce que je continue à protéger en faisant ainsi ?


  • Une sécurité ?

  • Une relation ?

  • Une image de moi ?

  • La peur de décevoir ?

  • La peur d’être seule ?

  • Le besoin d’être reconnue ?

  • Le sentiment d’avoir encore une chance de réparer quelque chose ?


Nos répétitions ne sont pas toujours absurdes. Elles ont souvent eu une fonction à un moment donné. Mais une stratégie qui nous a protégés autrefois peut devenir une prison lorsqu’elle continue à fonctionner alors que nous-mêmes avons changé…


Je vous rappelle le vêtement trop petit.


Et si savoir devenait enfin un point de départ ?


Il n’est pas nécessaire de tout comprendre avant de commencer à bouger.

Parfois, nous savons déjà suffisamment.

Le véritable changement commence peut-être lorsque nous cessons d’attendre d’être parfaitement prêts, parfaitement rassurés ou parfaitement certains.

Lorsque nous acceptons simplement de donner une réponse différente.

Pas pour devenir quelqu’un d’autre.

Mais pour vérifier si une autre manière d’être est désormais possible.

Et peut-être découvrir qu’entre ce que nous savons depuis longtemps et ce que nous choisissons enfin de faire, il y avait simplement…

un premier pas à poser autrement.


Pour prolonger cette réflexion je vous proposerai sous peu un exercice d'écriture de trois lettres, restez à l'affût !

Pascale G. • Le Choix d’Être®


Visuel créé avec l’aide de l’intelligence artificielle.

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